En naviguant sur ce site vous acceptez que nous utilisions des cookies pour mesurer notre audience, vous proposer des fonctionnalités sociales, des contenus et publicités éventuellement personnalisés.

Ma fille de 13 ans est insupportable…

« Aider la personne à comprendre sa souffrance en donnant du sens aux symptômes qui la traversent… »

girl-1235704_19201.jpg

Ma fille de 13 ans est insupportable…

Ma fille de 13 ans est insupportable : je ne peux rien lui dire sans qu’elle ne me réponde, elle est désordonnée, il faut lui répéter 50 fois la même chose avant qu’elle ne le fasse et souvent, je suis obligée de crier et ça commence dès le matin au réveil. Elle me dit souvent que je préfère sa petite sœur de 12 ans qui, elle, fait tout ce que je lui dis et ne répond pas. Que faire ?

Votre fille a 13 ans et entre dans son adolescence. C’est une nouvelle étape de son développement à la fois physique et psychique. Son corps, sur un plan physique et hormonal se transforme progressivement pour faire d’elle une femme adulte, autonome et sexuée.

Cette transformation va s’accompagner de nouvelles sensations, de nouveaux désirs, d’un nouveau regard sur elle-même. Au niveau psychique, c’est aussi une période importante de réaménagement. Petit à petit, les images parentales ne vont plus être les seules références fortes de l’enfant et vont perdre leur « toute-puissance ».

C’est pourquoi l’adolescence est une période où votre enfant va développer son esprit critique et va pointer les nombreux défauts des adultes, dont ses propres parents. C’est donc le temps de la révolte, de la critique et de la contestation. Votre adolescente va tenter de s’éloigner inconsciemment sur le plan affectif de vous, afin de s’individualiser d’avantage et de trouver dans le monde extérieur de nouvelles images à aimer, à idéaliser, à imiter. C’est pourquoi, c’est généralement vers des idoles, stars de la chanson, du cinéma, du sport que va se tourner votre enfant.

Ce sont des modèles à la fois proches de ses désirs, mais aussi suffisamment lointains pour ne pas entrer dans sa vraie vie et la mettre en danger, souvent un compromis entre le monde de l’enfance et celui du monde adulte. Mais ce mouvement psychique est ambivalent et c’est aussi une période où il/elle vous demandera beaucoup d’attention, souvent sous forme de reproches. L’adolescent est confronté à des pensées, des sensations, des désirs nouveaux qui vont l’assaillir et être source de plaisir et de satisfaction mais aussi d’angoisse et de culpabilité, par exemple quand on parle de la sexualité.

Alors comment va-t-il/elle s’en défendre ? Bien souvent par de l’ambivalence, le retournement en son contraire de ses propres ressentis à l’exemple de votre fille qui vous reproche de l’aimer moins que sa petite sœur. Comment, lorsque l’on est adolescente, se protéger au mieux de ses sentiments et de son désir de détachement, si ce n’est en reprochant à sa mère d’être habitée par les sentiments qui vous assaillent, c’est-à-dire de ne pas vous aimer assez et de préférer l’enfant (la petite sœur) à l’adolescente que vous devenez… ?

Alors comment y répondre ? Par de l’écoute, de l’attention, de la patience, de l’amour mais aussi une certaine fermeté lorsque le fondamental est remis en question. L’adolescent a besoin de trouver en face de lui des parents qui fassent preuve d’écoute, de souplesse dans leurs positionnements éducatifs, mais aussi qui sont capables de dire « non » sur ce qui est important à préserver en termes de règles, de lois et de fonctionnement familial.

La préservation de ce cadre est primordiale pour l’adolescente ou l’adolescent qui teste les limites et veut s’assurer inconsciemment de la solidité de ses images parentales si importantes sur le plan affectif. Sur un autre plan, selon les théories psychanalytiques, à l’adolescence se rejoue l’Œdipe. C’est-à-dire que c’est une période où l’adolescente va à nouveau entrer en rivalité avec sa mère face à ses désirs inconscients qui s’éveillent à nouveau à l’égard du père. C’est souvent, pour un certain nombre de famille, que mère et fille se disputent alors qu’une certaine complicité est préservée avec le père, de qui l’adolescente a le sentiment d’être « mieux comprise » et peut obtenir « plus de choses ». Ceci n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur la vie du couple dans un certain nombre de situations. Il en va de même à l’inverse pour le garçon. L’adolescence est donc une période souvent vécue avec satisfaction lorsque l’adolescent s’ouvre vers le monde extérieur, côtoie ses pairs et vit avec une certaine liberté ses « amours de jeunesse » et qu’il ne s’isole pas dans sa bulle intérieure (même s’il en a besoin aussi).

Mais c’est aussi une période de grande souffrance en raison de ces réaménagements physiques et psychologiques importants qui vont l’amener vers son autonomie d’adulte. Certains adolescents fragilisés peuvent le vivre mal et développer des comportements inadaptés souvent révélateurs de leurs souffrances intérieures (tentative de suicide, anorexie, boulimie, usage de drogues, actes délictueux….). Il est donc important pour les parents de rester attentifs à leurs enfants, d’être à leur écoute et de dialoguer de façon permanente (même si l’adolescence est aussi une période où la parole et l’expression des ressentis est difficile). D’ailleurs les activités culturelles, d’expression (chansons, théâtre, arts plastiques….) peuvent constituer de très bons médiateurs pour libérer la parole et les émotions. L’adolescence est donc le temps où les parents doivent développer leur art de la conciliation tout en maintenant avec assurance l’essentiel.

Une aide auprès de professionnels (médecin, éducateurs, intervenants sociaux, psychologues…) est toujours possible si vous vous sentez en difficulté face aux attitudes ou à la souffrance de votre enfant.
Bien à vous et bon courage…

À suivre : Comment aider mon compagnon, face à un deuil ?